" Nous sommes tous les mêmes. Vois-tu, Thot, j'ai beaucoup voyagé. Je pense même être allée au delà des limittes de l'imaginaire de la plus part des êtres pensants. Tu es une Disciple, alors tu sais qu'Ombre, Oceania ou même la Terre ne sont pas que de simples légendes. En Ombre, ma terre natale, j'ai connu l'horreur, j'ai vu ce que l'humain, seul, et exacerbé par la folie cruelle d'Anya a pu devenir, s'infliger à lui-même. En Oceania, au près d'Astri et de son peuple, j'ai connu autre chose. Un bien, différent. Profondement éloigné de l'homme, par ce que justement trop "humain". Et puis sur Terre, j'ai pu voir nos semblables livrés à eux-mêmes, moitiés bêtes, moitiés êtres de conscience, qui se cherchent, se trouvent, parfois. Trop rarement, lorsqu'ils élèvent leur âme, lorsque, loin des foules, des avidités, et de tous les pires défauts d'une raison mal utilisée au service de l'instinct. Tout ce que ça peut accomplir. Et lorsque je suis retournée ici en Soledad, j'ai compris. Les hommes, face aux alioths, aux meraks, aux nains ou aux lycaons. J'ai compris que nous tous, être conscient de réflexion, nous étions , au fond, tous les mêmes. Ni bons, ni mauvais. Tu sais, Thot, il faut que tu saches, il faut que tu comprennes. Et un jour tu comprendras par toi-même, puisque tu es toi. Nous ne sommes ni le vent qui souffle, ni la goutte d'eau qui se font dans l'océan. Pas univers, pas poussière. Tu es une femme, une humaine. Un corps, qui avance, mange, respire; qui veut vivre. Ton esprit, qui pense, qui réfléchit, raisonne. Et enfin ton âme, ton essence; ce que tu es vraiment. Et lorsque toi, le Toi, devient harmonie, rapportée à ta propre échelle, tu vis. Et c'est ainsi que je suis, que j'ai choisis d'être. Tu n'est pas l'autre, tu ne dois en aucun cas agir à sa place, penser pour lui. Tu ne vis qu'en étant toi-même. Tu te guides, parce que tu as compris. Tout le monde n'est pas prêt pourtant. Lorsque tu auras trouvé au delà, tu sauras de quoi je parle. Mais lorsque tu as accepté d'être toi, sans avoir tout vécu, tout souffert, sans avoir connu toutes les joies qu'une existence peu offrir, juste quand tu auras realisé ce que tu es, lorsque tu l'auras accepté, alors vis. Vivre, c'est la seule chose, la plus transcendante, la plus vraie. La seule chose vraie. Vis, c'est tout. "
Yasha qui parle à Thot, in "Au dela de l'Ombre" de T.A.I.





